mercredi 29 avril 2015

Pardonne-moi, Leonard Peacock - Matthew Quick

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Leonard Peacock. C'est aussi le jour où il dissimule une arme à feu dans son sac. Parce que, c'est décidé, il va tuer son ex-meilleur ami, puis lui-même, avec le P38 ayant appartenu à son grand-père. Mais il doit tout d'abord faire ses adieux aux quatre personnes qui ont le plus compté pour lui : Walt, son voisin littéralement obsédé par Humphrey Bogart, Baback, un camarade de classe violoniste virtuose, Lauren, la fille de pasteur dont il est amoureux, et Herr Silverman, qui enseigne l'histoire de l'Holocauste au lycée. Leonard va parler à chacun d'entre eux, révélant progressivement ses secrets tandis que l'heure tourne et qu'approche le moment de vérité.

PARDONNE MOI, LEONARD PEACOCK 
  • Titre VO : Forgive Me, Leonard Peacock
  • Auteur : Matthew Quick
  • Éditeur : Robert Laffont, Collection R
  • Année de parution : 2015
  • Nombre de pages : 313 pages

ou 17/20

Tout juste sorti au Canada, voilà que Pardonne-moi, Leonard Peacock se retrouvait dans ma boîte aux lettres, pour mon plus grand bonheur. Je l'avais demandé, car il m'était impossible de passer à côté d'un livre au résumé aussi intrigant ! Je remercie donc Collection R Canada pour ce service de presse fort apprécié !

Matthew Quick a peut-être bien écrit un petit livre (il fait seulement 313 pages... Dans ma tête, il allait être plus gros !), mais il n'en reste pas moins extrêmement percutant. Peut-être même l'un des livres les plus saisissants qu'il m'ait été donné de lire. Et dire que ces événements sont approximativement vrais, quelque part dans le monde du moins. Le livre n'est pas une histoire vraie, mais... Je suis convaincue que l'auteur dépeint avec une grande sincérité le genre de choses qui se passent dans la tête de responsables de fusillades (pas toutes, évidemment)/meurtres/ou de gens au bord du gouffre du suicide. Et il y a contenu à nous faire réfléchir, à nous effrayer et à nous choquer, ça je peux vous le dire !

L'histoire se déroule entre passé, présent et futur. Le passé nous est surtout expliqué dans de titanesques notes de bas de page. J'ai aimé ce procédé littéraire, qui était original, mais il n'apportait pas non plus nécessairement au texte... Je crois que les informations qu'on y lisait auraient aussi pu se retrouver directement dans le texte, mais bon ! Enfin bref, on y voyait un peu mieux la vie de Leonard, quand ses parents étaient encore présents, qu'il avait encore des amis... Avant que tout ne s'émiette.

Le présent découle surtout les actes méthodiques de Leonard pour commettre son meurtre/suicide. Pour ses 18 ans, Leonard Peacock a décidé de se suicider. Plus question de vivre un jour de plus avec cette vie infernale de solitude dévorante, de regrets et d'angoisse. Ses parents se foutent tout simplement de lui. Des amis... Il n'en a plus depuis longtemps. L'avenir... Quel avenir ? Leonard a donc décidé de mettre un fusil dans son sac d'école, pour passer à l'acte. Mais d'abord, il tient à offrir des cadeaux aux quatre personnes qui auront compté dans sa vie : son voisin, Walt ; son professeur d'histoire ; un camarade de classe virtuose au violon ; et, finalement, la fille du pasteur, Lauren. Après, il pourra déballer son propre cadeau d'anniversaire, le fusil, et tuer son ex-meilleur ami. Et ce sera la fin.

Le futur n'est qu’hypothétique. Il s'agit en fait de lettres du futur, adressées à Leonard par ses proches du futur, question de lui dire que son avenir en vaut la peine, même s'il n'est pas parfait. Leonard s'est lui-même écrit ces lettres en essayant de trouver une lueur d'espoir. Il s'est créé une vie paisible au milieu d'un monde post-apocalyptique. Et franchement, c'était magnifique. Les quelques larmes qui m'ont été arrachées sont dues à ses lettres hautement touchantes.

Si l'on mélange tous ces espaces temporels, on obtient un roman choc traitant de thèmes d'actualité. La vie, la mort, le passage à la vie adulte, la dépression... Avec autant de fusillades et d'attentats terroristes dans le monde, ce roman prend tout son sens. Et si ce n'était pas QUE la faute des responsables de ces tragédies, mais aussi du monde entier ? Le monde n'irait-il pas mieux si l'on réfléchissait à la place qu'occupe chacun dans une société, à notre mode de vie basé sur la performance, aux préjugés que nous véhiculons sans même y penser...? Je ne veux pas excuser de tels actes, mais Matthew Quick nous amenait en quelque sorte à se placer dans la tête d'une personne qu'on a poussée à bout.

Leonard était un personnage unique. Je ne me suis pas attachée à lui, je ne l'ai pas détesté (même s'il peut être perçu comme un ''méchant'' )... Je le plaignais surtout, à vrai dire. Et je le craignais. Il m'a apporté plein d'émotions contradictoires. Néanmoins, c'était définitivement un personnage intelligent. Les personnages qui m'ont le plus touchée sont en fait des personnages secondaires. Il y avait S., fillette créée de toutes pièces par Leonard pour ses lettres, mais qui était tellement adorable. Il y avait Walt, vieil alcoolique auquel je n'aurais pas cru m'attacher... Mais il tenait tellement à Leonard que j'ai fondu. Et finalement, il y avait Herr Silverman, le professeur d'histoire. Bon sang ! Cet homme devrait être un saint ! Un personnage attentionné et attachant serait un euphémisme !

L'écriture était accordée à l'histoire : percutante et choquante ! Leonard s'adressait à nous d'une façon brusque et vulgaire, mais on pouvait percevoir les traces de sa tristesse sans fin. L'écriture savait remuer les pensées du lecteur, ça c'est certain ! J'aurais peut-être pensé être plus affectée émotionnellement par l'histoire (par là, j'entends me vider de mes larmes), mais le choc et l’appréhension pour l'avenir de Leonard étaient les émotions les plus présentes. Par contre, la fin aurait eu besoin d'un peu plus d'émotions... Elle m'a déçue sur ce point.

En conclusion, Pardonne-moi, Leonard Peacock est un roman qui pourrait bouleverser des foules, faire réfléchir nombre de gens sur les causes de toutes les fusillades dans les écoles qu'on voit au téléjournal. L'histoire est racontée sur un ton alarmant qui nous pousse à tourner les pages avec empressement, les yeux grands ouverts par la peur ou la perturbation. Le bouquin n'est pas sans défaut, mais je le recommande vivement à tous pour les thèmes qui sont très bien exploités !!


Merci aux éditions Robert Laffont Canada (collection R) pour cette lecture ♥
Cliquer ici pour voir les options

12 commentaires:

  1. Je suis super contente de lire ton article, ce livre m’intéresse mais je n'avais pas encore eu l'occasion de lire de chroniques le concernant. C'est chose faite grâce à toi et tu me mets l'eau à la bouche!

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Hihi, contente que mon article t'aie convaincue ^^ Il avait une grosse tâche en plus, en tant que premier du lot... ;)

      Effacer
  2. Wah, c'est la première critique que je vois sur ce livre !! Quand j'ai lu le résumé je suis devenue folle, il me fait si envie *-* j'espère vraiment avoir l'occasion de le lire, d'autant plus que le sujet abordé m'intéresse beaucoup !

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Oh oui, impossible de rester de marbre devant le résumé *-* J'espère que tu pourras le lire bientôt aussi... Il vaut la peine !

      Effacer
  3. Et ben, ça donne envie ! :D
    Je le garde dans un coin de ma tête ^^

    RépondreEffacer
  4. Ce roman ne me faisait pas envie mais ta chronique me donne envie de le dévorer sur le champ ! Merci pour cette découverte, jolie Sandrine ♥

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Contente que ça te fasse cet effet !! Ce livre en vaut la peine ;) Ça fait plaisir ♥

      Effacer
  5. J'avoue que je suis intriguée par ce livre maintenant :)

    RépondreEffacer
  6. J'ai tellement envie de lire ce liiiiiiivre !!!! Je n'ai pas lu ton article en entier pour ne pas trop en savoir, mais tu me donnes encore plus envie de le lire !!! Il me le faut, absolument ! :D

    RépondreEffacer
    Réponses
    1. Haha, j'espère que tu pourras le lire bientôt, il est génial :D !!

      Effacer