dimanche 9 septembre 2018

La guerre des mercredis - Gary D. Schmidt

S’il y a un élève du collège que Mme Baker, la prof d’anglais, ne peut pas voir en peinture, c’est bien lui, Holling Hoodhood. 

Chaque mercredi, alors que la moitié de la classe de cinquième est dispensée de cours pour se rendre à la synagogue, et que l’autre moitié va au cathéchisme à l’église de la paroisse, Holling Hoodhood, qui n’est ni juif ni catholique, est le seul et unique élève à rester en cours avec Mme Baker. 

Elle le lui fait payer. Cela fait plusieurs mercredis qu’il nettoie les tableaux, dépoussière les effaceurs, retire les toiles d’araignée, décrasse les fenêtres. Et voilà que Mme Baker s’est mis en tête de lui faire lire du Shakespeare ! Encore un stratagème pour le faire périr d’ennui.

Pendant que Holling Hoodhood découvre La tempête et s’aperçoit que Mme Baker est moins mauvaise qu’elle n’en a l’air, l’histoire des États-Unis suit son cours. Robert Kennedy se porte candidat à la présidence, la lutte pour les droits civiques prend de l’ampleur, la guerre du Vietnam fait rage… Nous sommes en 1968, et l’Amérique s’apprête à vivre l’une des années les plus violentes de son histoire.

Guerre des mercredis (La) Grand format
  • Titre VO : The Wednesday Wars
  • Auteur : Gary D. Schmidt
  • Éditeur : L'école des loisirs (Collection Médium)
  • Année de parution : 2016
  • Nombre de pages : 376 pages 

(ou 15/20)

Avant toute chose, j'aimerais stipuler que si vous n'avez pas lu Jusqu'ici, tout va bien, vous manquez quelque chose. C'est ce superbe livre qui m'a menée à La guerre des mercredis, ainsi que la gentillesse de L'école des loisirs (merci beaucoup pour l'envoi !). En effet, le présent livre se déroule avant les événements de Jusqu'ici, tout va bien, bien que les deux romans peuvent être lus et appréciés séparément. Néanmoins, plusieurs thèmes et procédés littéraires se recoupent d'un livre à l'autre, ce qui ne m'a pas permis d'apprécier autant ma lecture du présent livre (simplement par sentiment de déjà-vu). 

Tout le roman suit l'année scolaire de Holling Hoodhood, qui se trouve être le seul élève de la classe à ne pas suivre de cours de religion le mercredi après-midi. De cette façon, Mme Baker a chaque semaine quelques heures pour le forcer à lire du Shakespeare. Et quoi encore ? Nous sommes en 1968, aucun élève ne devrait avoir à vivre une telle torture. À vrai dire, Holling préférerait même aller combattre au Vietnam que de passer une heure de plus dans cette classe, si seulement son père le ne lui avait pas interdit... Puisque cela risquerait de nuire à son contrat avec la famille de Mme Baker. 
Non, M. Hoodhood s'en fiche bien que son fils veuille aller combattre en Asie.
En autant que le contrat soit dans la poche. 


En somme, j'ai beaucoup apprécié l'histoire, laquelle démontre de l'impact que peut avoir l'éducation dans la vie d'un enfant. Le parcours de Holling était adorable et touchant, j'ai par ailleurs aimé les parallèles qui étaient faits entre sa vie et les pièces de Shakespeare qu'il étudiait. On sentait que l'histoire était bien ancrée dans le contexte historique (Guerre au Vietnam, Guerre froide, Assassinat de Robert Kennedy, Flower Power...), davantage même que dans Jusqu'ici, tout va bien. Pourtant, si j'ai autant aimé les thèmes dans les deux livres, le problème était bien là : ils étaient beaucoup trop semblables. Parents absents, apprentissage par l'art, figures parentales externes, milieu pauvre... À la longue, j'ai un peu eu l'impression que Jusqu'ici, tout va bien était une version améliorée de La guerre des mercredis (parce que oui, Jusqu'ici, tout va bien reste mon préféré, Doug et ses frères étaient juste trop adorables pour moi). Même les personnages principaux se ressemblaient et semblaient s'exprimer de la même manière, j'aurais eu du mal à les distinguer si les deux histoires avaient été dans le même livre. 


Il n'en reste pas moins que j'ai résolument aimé Holling. Peut-être un peu trop porté sur la paranoïa au début du roman, son personnage était néanmoins rassembleur, attachant, inspirant et inspiré. J'ai aimé voir à quel point il savait se sacrifier pour une cause et pour les gens qui lui tenaient à cœur. Mme Baker était une femme surprenante, elle ne manquait jamais de rajouter du piquant à l'histoire, alors qu'elle était pourtant en apparence plutôt terne. La plupart des gens entourant Holling ont fini par se révéler très charmants, et ce malgré leur attitude hostile au début du roman (sûrement amplifiée par la paranoïa de Holling), sauf son père et sa mère, qui n'ont fait que me dégoûter un peu plus à chaque page. 

La fin du roman a rendu hommage à l'histoire par sa beauté et sa simplicité. Pour conclure, il est certain que cette histoire vaut la peine d'être lue, surtout si vous vous intéressez à l'histoire américaine des années 60, mais à vous de voir si vous préférez commencer par La guerre des mercredis ou pas Jusqu'ici, tout va bien

Merci à L'école des loisirs pour l'envoi ! 

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4 commentaires:

  1. Je ne connaissais pas du tout ce livre et il semble bien sympa pour découvrir un bout de l'histoire d'un pays.

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  2. Pourquoi pas, le contexte de l'histoire a l'air super intéressant puis change :) Merci pour la découverte !

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