dimanche 15 juillet 2018

Shades of magic (T.1) - V. E. Schwab

Un autre monde vous attend, là, de l'autre côté du mur...

Kell est le dernier des magiciens de sang, des sorciers capables de voyager d'un monde à l'autre. Des mondes, il y en a quatre, dont Londres est, à chaque fois, le cœur et l'âme. Le nôtre est gris, sans magie d'aucune sorte. Celui de Kell, rouge – on y respire le merveilleux à chaque bouffée d'air. Le troisième est blanc : là, les sortilèges se font si rares qu'on s'y tranche la gorge pour une simple incantation. Le dernier est noir, noir comme la mort qui l'a envahi quand la magie a dévoré tout ce qui s'y trouvait, obligeant les trois autres à couper tout lien avec lui.

Depuis cette contagion, il est interdit de transporter le moindre objet entre les univers. C'est malgré tout ce que Kell va prendre le risque de faire, histoire de défier la famille royale qui l'a pourtant adopté comme son fils, à commencer par le prince Rhy, son frère, pour qui il donnerait par ailleurs sa vie sans hésiter. Mais, à force de jouer avec le feu, il finit par commettre l'irréparable : il emporte jusque dans le Londres gris une pierre noire comme la nuit, qu'une jeune fille du nom de Lila décide, sur un coup de tête, de lui subtiliser. Pour elle comme pour lui – pour leurs deux mondes, à vrai dire – le compte à rebours est lancé.

  • Titre VO : A Darker Shade of Magic
  • Auteur : V. E. Schwab
  • Éditeur : Lumen
  • Année de parution : 2017
  • Nombre de pages : 504 pages
Coup de 
(ou 19/20)

Pour être franche, si j'ai demandé ce livre à Interforum Editis Canada (merci pour l'envoi !), c'est surtout à cause du tapage médiatique qui l'entourait et à cause de la beauté du livre-objet. C'est tout. Pour le reste, j'étais surtout sceptique et ne demandais qu'à trouver ce qui pouvait bien faire de ce bouquin un tel succès chez les anglophones. Maintenant, JE COMPRENDS. Si ce roman commence tranquillement, c'est pour mieux vous attirer dans son piège. S'il commence plus froidement, c'est pour mieux démolir vos émotions. CE LIVRE EST SOURNOIS et je l'aime comme ça. 

Beaucoup de romans fantastiques se déroulent en Angleterre (ou aux États-Unis... J'ai constaté ça cette semaine, haha) et Shades of magic n'y fait pas exception... au détail près qu'il n'y a pas qu'une ville de Londres dans cette histoire, mais bien quatre :
le Londres gris (notre monde), 
le Londres rouge (là où la magie est abondante), 
le Londres blanc (là où les gens sont prêts à tuer pour la moindre étincelle de magie) et 
le Londres noir (là où la magie était tellement forte qu'elle a tout détruit). 
Kell, habitant du Londres rouge, est un Antari, c'est-à-dire qu'il est l'une des seules personnes à avoir l'habilité de traverser entre les Londres. Il n'a cependant pas l'autorisation de faire traverser des objets entre les mondes, ce qu'il fait néanmoins dans ses temps libres et qui aura pour conséquence de mettre les quatre Londres en danger le jour où Delilah Bard, du Londres gris, lui dérobera un objet d'une grande puissance.


V. E. Schwab a su construire un monde d'une grande finesse auquel il nous est parfaitement possible de croire. Presque tout le premier tiers du roman est dédié à la construction méthodique de cet univers en quatre temps. Dans mon état d'esprit sceptique, je peinais à croire qu'une simple description de quatre villes pourrait arriver à faire de moi une fan de cette série, mais je ne pouvais pas m'arrêter de lire et, petit à petit, j'ai été embobinée par cette histoire, surtout quand l'aspect psychologique des personnages a commencé à transparaître à travers les fondations de l'univers. 

J'ai complètement adoré les personnages. Comme pour le reste, je n'étais pas convaincue en commençant ma lecture. Même si je sentais qu'ils étaient solidement bâtis, il me manquait de détails auxquels me raccrocher, qu'ils soient joyeux, tristes, adorables ou bad ass. Sans même m'y attendre, j'ai fini par me rendre compte que j'avais complètement fondu, et ce, depuis plusieurs chapitres. D'abord, nous avons Kell. La plupart des gens, dans les avis que j'ai lus, vantaient son manteau multi-facettes... D'accord, mais ce n'est pas un morceau de vêtement qui va me faire apprécier un personnage. C'est plutôt son incroyable loyauté, son côté protecteur, ses insécurités et son penchant pour la rébellion. Kell était tout ça. Delilah/Lila m'a énormément surprise par son attitude et sa débrouillardise. Son sens de la répartie était absolument excellent, mais cela dissimulait un passé plus sombre qui risque d'être très intéressant dans les prochains tomes. Le frère adoptif de Kell, Rhy, méritait clairement plus de scènes à lui et j'espère que ce sera le cas dans les prochains livres. Dans le genre ''un peu narcissique, mais au fond je suis une brioche'', il remportait haut la main mon affection. J'ai même réussi à me faire briser le cœur par l'un des villains, aka Holland, Antari du Londres blanc. 


J'étais très satisfaite par la tournure qu'ont prises les relations entre les différents personnages. Même si l'histoire est centrée sur l'action et la résolution de la quête, on sent que les émotions sont très fortes entre les personnages. Ce sont des émotions de peu de mots, de peu de gestes, et pourtant elles sont beaucoup plus importantes que dans beaucoup de romans qui se veulent centrés sur les personnages. Il n'y a pas tellement de romance et l'amitié n'est pas tellement développée, mais tout est magnifiquement suggéré. 

De ce point de vue, l'écriture de V. E. Schwab est absolument fabuleuse. À l'écrit, tout est dirigé, clair et évident pour que le monde nous apparaisse facilement, pourtant les émotions sont à fleur de peau dans les moindres détails. On se sent entre de bonnes mains avec l'écriture de Schwab, ça c'est certain. Elle a par ailleurs un style d'écriture presque cinématographique, tant les images nous apparaissent clairement. 


*** Petite question pas vraiment pertinente à la critique *** Sinon, je suis la seule à avoir vu plusieurs références à Harry Potter, entre autres ? Ça me fâche, je ne me rappelle plus de tout et je n'ai pas noté, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que (Aldus) Fletcher, le vendeur louche/escroc du Londres rouge, n'est autre qu'une référence à Mondingus Fletcher, l'escroc qui a dévalisé la maison des Black. J'ai également appris, en faisant des recherches, que le manteau de Kell était inspiré par la Salle sur Demande. ***

En conclusion, j'aurai essayé de résister à Shades of Magic, mais à mon plus grand bonheur, j'ai lamentablement échoué. J'ai commencé sceptique pour finir tout aussi sceptique de réussir à me sortir cette histoire de la tête. J'aime tous les personnages d'un amour sincère et j'espère lire la suite dans les plus brefs délais. Vous devriez faire de même. 

Un gros gros merci à Interforum Editis Canada pour l'envoi ! 

Interforum Canada

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