vendredi 11 janvier 2019

Et ils meurent tous les deux à la fin - Adam Silvera

 Nous sommes au regret de vous informer que vous allez être frappé par une mort prématurée dans les prochaines vingt-quatre heures. Toute l'équipe de Death-Cast est sincèrement désolée de vous perdre. Vivez pleinement cette journée, ok ? 

Le 5 septembre, un peu après minuit, Mateo et Rufus reçoivent chacun le funeste appel. Ils ne se connaissent pas, mais cherchent tous deux à se faire un nouvel ami en ce jour final. Heureusement, il existe aussi une appli pour ça, Le Dernier Ami. Grâce à elle, Rufus et Mateo vont se rencontrer pour une ultime grande aventure : vivre toute une vie en une seule journée.

  • Titre VO : They Both Die At The End
  • Auteur : Adam Silvera
  • Éditeur : Collection R
  • Année de parution : 2018
  • Nombre de pages : 406 pages

♥♥ et 1/2
(ou 14/20)

J'ai, pour de nombreuses raisons, voulu tester un roman de Adam Silvera. Collection R a depuis peu ajouté quelques-uns des romans de l'auteur à leur catalogue de publication (avec aussi Tu ne m'as laissé que notre histoire) - je les remercie d'ailleurs pour l'envoi. Les raisons incluaient entre autres : 
  1. Titre : 10/10
  2. Design de la couverture : 15/10
  3. Tapage médiatique parmi les blogueurs américains : 200/10 
Malheureusement, je n'ai pas été aussi convaincue que les nombreux avis élogieux que j'ai pu lire sur Internet. Je vous rassure, ce n'est pas la déception totale, mais j'avais prévu beaucoup plus pour ce bouquin à l'allure fort sympathique.

Et ils meurent tous les deux à la fin raconte l'histoire d'une rencontre. Une rencontre avec la mort, mais aussi une rencontre entre Mateo et Rufus, deux adolescents à qui l'on vient d'apprendre qu'il leur reste 24h pour vivre. En effet, dans ce présent alternatif, une application a été créée pour informer les gens de leur mort un jour à l'avance, question de pouvoir profiter des derniers moments. Placés dans des situations d'isolement, les deux garçons utilisent le site de rencontre Dernier Ami et tombent l'un sur l'autre. Alors que l'épée de Damoclès se balance au-dessus de leur tête, Mateo et Rufus s'entraideront pour vivre cette dernière journée au maximum, faire leurs adieux à leurs proches et trouver un peu de réconfort dans la cruauté du monde. 


Bien que je puisse comprendre qu'il ne s'agissait pas là du but premier de l'histoire, j'aurais définitivement apprécié en savoir plus sur ce monde alternatif. Comment peut-on annoncer d'avance la mort ? Quels effets cela a-t-il bien pu avoir sur le monde ? Pourquoi personne ne se pose plus de questions à propos du mystère de Death-Cast ? Créez une application semblable sans rien expliquer à personne et je mettrais ma main au feu que le chaos se déclare en moins de 2 jours. Ensuite, je me serais attendue à un peu plus d'action type ''bucket-list de fin de vie'' dans le roman. Certes, ç'aurait été assez cliché aussi et peut-être moins réaliste qu'une journée banale, mais ça m'aurait certainement plus chamboulée qu'une simulation de saut en parachute. Finalement... Je n'ai pas cru à la romance. Je crois que c'est ça le pire. Il ne s'agissait pas d'une question d'orientation, bien sûr, mais plutôt d'exécution. Ça ne l'a pas fait pour moi.

Maintenant, qu'en est-t-il des points positifs ? (Puisque je ne me suis pas non plus fait chier à la lecture). J'étais très intriguée d'en apprendre plus sur les vies de Rufus et Matéo, ce qui créait une forme de suspense, avant d'être relayé par la fameuse question : comment vont-ils bien mourir ? J'ai bien aimé se voir enchaîner une série d'événements menant à la fatalité des deux jeunes hommes, c'était plutôt bien ficelé. Et puis, si j'ai bien aimé le parcours, j'ai surtout aimé la fin (bien qu'elle laisse beaucoup de questions en suspens), ou plus précisément la dernière phrase. Je n'ai pas du tout pleuré contrairement à beaucoup de gens, mais je dois avouer que la dernière phrase a claqué. C'était affreusement bien trouvé. 


Un autre gros point positif concerne les personnages, non pas tant Matéo et Rufus que les relations qu'ils entretiennent avec leurs meilleurs amis/avec le père de Matéo. J'ai adoré Lidia, la meilleure amie de Matéo (d'ailleurs, elle aurait dû être beaucoup plus présente dans le roman ET dans la vie de son ami), tout comme j'ai beaucoup aimé voir évoluer Rufus avec les Plutons, ses meilleurs amis de la famille d'accueil où il séjourne. Matéo en lui-même avait un bon fond, mais il a passé la majeure partie du roman à avoir autant de substance et de volonté qu'une limace. Rufus avait plus de tonus, heureusement, bien que cela vienne également avec plus de mauvaises idées. Ensemble, ils étaient sympathiques, c'est vrai, ils s'aidaient à devenir meilleurs. Néanmoins, des développements de leur relation semblaient sortir de nulle part, ce qui m'a déçue. Fait à part, les deux personnages étaient latinos, ce qui est chouette pour une littérature diversifiée, mais je ne sais pas trop si j'ai tellement réussi à percevoir leur culture dans le texte. Je ne sais pas si c'est bien ou non, cela reste débattable, mais j'ai la sensation que ça n'aurait pas nuit à l'histoire d'en apprendre un peu plus à ce sujet. 


J'ai eu du mal avec le style d'écriture. Je soupçonne que ce soit en partie l'effet de la traduction, mais plusieurs éléments me semblaient particulièrement décalés. D'abord, les dialogues manquaient à mon avis de naturel, ce qui s'explique entre autres par la présence récurrente d'un jargon très ''français de France'', tandis que l'on est à New York. Un français neutre aurait dû être privilégié à défaut de pouvoir conserver le jargon américain. Dans la même veine, des mots anglophones complètement aléatoires ont été conservés tels quels, comme Death-Cast et Deckers. Si la signification de Death-Cast passe encore, une explication pour l'utilisation du mot Deckers n'aurait pas été de refus. Sinon, l'écriture de Adam Silvera faisait relativement bien l'affaire, malgré une inégalité entre les passages saccadés et les phrases parfaitement trouvées (LA DERNIÈRE). L'émotion aurait peut-être pu mieux passer à travers le texte, mais je n’arrive toujours pas à mettre le doigt sur la cause de ma relative indifférence. 

En conclusion, comme vous avez pu le voir, mon avis par rapport à ce roman est assez mitigé. J'en attendais plus de lui, c'est certain. Plus d'émotions, plus de beauté, plus de poésie. Néanmoins, je ne regrette pas de lui avoir accordé mon attention et je le referai peut-être à nouveau avec un autre livre de l'auteur, question de voir si je comprendrais mieux l'engouement. Après tout, c'est bien ce qui m'est arrivé avec Becky Albertalli, la meilleure amie d'Adam Silvera ! 

Merci à Collection R Canada pour l'envoi.

10 commentaires:

  1. Le roman m'intéresse mais justement à cause de tout le bruit qu'il a fait, j'ai peur d'être déçue (ça m'arrive souvent quand on parle beaucoup d'un livre). Du coup, avec ta chronique, je vais laisser passer mon tour pour le moment :/

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    1. Je comprends ! Peut-être qu'un autre roman de l'auteur ferait plus l'affaire, mais sinon tant pis, ce n'est pas la lecture qui manque ;)

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  2. Je n'ai pas encore lu ce roman, mais il est dans ma pal . J'espère qu'il me plaira un peu plus qu'à toi.

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    1. Je te le souhaite ! Après tout, l'auteur est très populaire aux USA, il doit bien plaire à certaines personnes, haha :P

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  3. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai vraiment très envie de lire ce livre mais ce n'est pas forcément le genre que je lis d'habitude c'est donc pour ça que je ne me suis pas lancée.

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    1. Eh bien ça vaut le coup d'essayer quand même ;) Qui sait, ça va peut-être devenir un genre que tu adores, haha :P !

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  4. Mince pour cet avis en demi-teinte (la référence à la limace m'a tuée x), j'essaierai tout de même de découvrir l'histoire mais pourquoi pas en anglais :) !! Tu m'intrigues avec cette dernière phrase d'ailleurs :P

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    1. Hahaha, ça fait plaisir XD
      C'est vrai qu'en anglais ça pourrait être une bonne idée ET la dernière phrase marche sûrement à la perfection quand même ^^

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  5. Cette histoire m'intrigue mais je ne suis pas plus que ça attirée :) je crois que si j'en ai l'occasion je le lirai, au moins pour savoir quelle est cette phrase qui claque à la fin :D

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    1. Le genre de livre à essayer si trouvé à la bibliothèque, haha :P

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